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et-pour-vous-qui-suis-je« Pour vous qui suis-je ?  Pour les uns, tu es Elie. Pour d’autres, tu es Jean Le Baptiste ». C’est la question centrale de l’Évangile de Matthieu. Et peut-être la question centrale de tout Homme… « Pour vous, qui suis-je ?» demande le même Jésus crucifié en attente d’une décision administrative d’être retiré d’un mur d’hôpital, d’une prière d’assemblée municipale, d’un salon bleu du Parlement.

 

Tu es un morceau de notre histoire nationale

Tu fais partie de notre patrimoine culturel

Tu es un gris-gris quelconque

Tu es une breloque

Tu es une pièce de musée

Tu es un signe de notre passé catholique honteux

Tu es le signe d’une Église passée date

Tu es le symbole d’un peuple de moutons

Tu es un signe récupérable pour catholiques identitaires

Tu es un objet politique pour contrer l’islamisme

Tu es un objet de querelles

 

Et vous, qui dites-vous que je suis ?

Ce Jésus que personne ne veut ou qui le veut pour le récupérer à ses fins…

Celui qui Est.

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Depuis un certain temps, disons depuis juin 2014 lorsque j’ai pris connaissance des horreurs que fait subir la Daesh aux chrétiens d’Irak, je me vois retourner à des images nostalgiques de mon enfance : ces temps de l’innocence. Il m’arrive parfois de me dire : jamais je n’aurais cru voir le monde dans un état si fragile, la civilisation occidentale tomber en si peu de temps dans une décadence accélérée et le terrorisme islamiste se répandre à une vitesse si fulgurante. Pour l’instant, nous ne savons pas où tout cela nous mènera. Si l’Occident s’endort et ne revient pas à la raison qui a fait de cette civilisation ce qu’elle est (ou était), il n’y a rien de réjouissant en perspective.

Je disais donc que j’avais des images nostalgiques qui me reviennent parfois à l’esprit : moi, petite, sans défense, cheveux blonds au vent marchant insouciante en regardant les fleurs, en m’émerveillant d’une belle journée d’été, en courant dans un champ à la campagne, en faisant des anges dans la neige. Et je me dis : comment revenir à cette innocence ? Comment retrouver cet état d’esprit où rien n’avait encore heurté la pureté de mon âme ? Toutes ces images d’horreur que la Deash nous présente et que, par voyeurisme malsain, la foule s’empresse de regarder et de répandre sur les réseaux sociaux. Ces images ignobles brisent quelque chose en nous.

Il m’arrive parfois de regarder par plaisir coupable des émissions de rétro musicale des années 70 et 80, ces années de mon enfance et de ma jeunesse. Et je me dis : si on m’avait dit à cette époque d’insouciance que 2 ou 3 décennies plus tard, notre monde serait sur le point d’entrer en 3e guerre mondiale (certains croient que nous y sommes déjà), je vous aurais dit : ben non ! Si la planète disparaît, ce sera à cause de la pollution. Puisque nous vivions dans une société dite civilisée, nous étions bien loin des horreurs commises par Daesh. Qu’après deux grandes guerres qui avaient fait des millions de morts, nous avions appris notre leçon et que la barbarie était chose du passé…

Eh bien non. En y réfléchissant bien, j’ai l’impression que les 50 ou 60 dernières années d’après la guerre – où la liberté a été supposément libérée (mais une liberté qui a bien su s’aliéner) – n’ont été en fait qu’un court intermède de pseudo paix dans l’Histoire de l’humanité. Parce qu’en réalité la barbarie n’a jamais été très loin de toutes les époques. Qu’elle soit moyenâgeuse, ou des Lumières, qu’elle soit d’une grande guerre à l’autre, la barbarie était toujours, au fond, seulement réprimée… sous couvert de civilisation, d’avancée technologique et scientifique. Puis, un jour, la cocotte-minute saute et une nouvelle forme de barbarie surgit. Mais c’est toujours la même avec son visage hideux. Qu’elle soit aseptisée par des expressions vidées de leur sens horrifique comme « IVG », « PGA », « PMA » ou « mourir dans la dignité », qu’elle soit ouvertement sanglante et impitoyable comme celle de Daesh ou de Boko Haram, c’est toujours une forme de barbarie.

On se croyait à l’abri de la barbarie qui sévit depuis longtemps au Moyen-Orient et en Afrique par les djihadistes. Pourtant, certains actes barbares ont été perpétrés dans nos zones de conforts et nous n’avons pas vu qu’il s’agissait en fait de la même source de barbarie : la haine de l’autre et la de-sacralisation de la vie. Parfois sous couvert de religion, parfois sous couvert d’idéologie, parfois sous couvert politique.

Quand Marc Lépine a sévit contre 14 femmes, on a dit que c’était un acte misogyne. Certes, ce l’était. Mais aussi, c’était un acte animé par la haine de l’autre. J’ai perdu mon innocence le 6 décembre 1989. J’avais 20 ans. Premier constat de la barbarie post moderne et de quoi un humain était capable.

Puis, le 11 septembre 2001, on a assisté à un premier acte de barbarie de grande ampleur. L’Amérique et le monde s’est réveillé à une triste réalité. Notre confort, notre liberté, peuvent être détruits en quelques heures par des gens remplis de haine.

En 2008, un homme décapitait un passager d’autobus (Tim McLean) au Manitoba. Le policier qui a assisté à la scène s’est suicidé en 2014 à la suite de cette horrifiante intervention.

En janvier 2009, un père de famille, cardiologue de profession, poignardait ses deux enfants avec beaucoup d’acharnement parce qu’il a été pris d’un moment de rage contre sa conjointe qui le trompait avec son ami. Il a été reconnu non criminellement responsable de son geste. Il est libre et en attente d’un 2e procès. Les enfants, l’innocence, a payé le prix de la décadence des relations homme-femme.

En 2012, on apprenait avec horreur qu’un dénommé Magnotta, Montréalais, avait découpé en morceau sa victime tuée au pic à glace et qu’il avait envoyé les parties du cadavre par la Poste à différents endroits (dont au Premier Ministre du Canada) et qu’il a filmé son crime et a répandu sa vidéo partout sur Internet. On a retrouvé la tête de la victime dans un étang du Parc Angrignon, à 10 minutes de chez-moi.

Quelques mois plus tard, deux semaines avant Noël, un jeune ouvre le feu sur des enfants dans une école primaire à Newton aux États-Unis.

Ce ne sont que quelques mentions pigées ici et là dans les bulletins de nouvelles, de ces instants qu’on aurait voulu qu’ils n’arrivent pas. Ces bulletins qui ne passent pas un jour sans nous annoncer une tuerie, un massacre, un attentat, un meurtre, une décapitation, etc. Et nous croyions que nous étions une société civilisée et avancée !

Mais dans quelle illusion de nous-mêmes vivons-nous ? Nous disons : c’est écoeurant tout ce qui se passe et nous nous distançons de ces actes barbares… Puis, une fois revenus de nos émotions ou pour oublier, nous retournons à notre émission de télé favorite du dimanche soir. Il vaut mieux diaboliser les bourreaux pour être certains qu’ils ne fassent pas partie de notre humanité car nous ne voulons pas être associés à ces monstres. Et pourtant… Qu’est-ce qui rend si barbares ces gens ? Sommes-nous si sûrs de ne pas en être ? Je lis de plus de plus de gens se disant athées sur les réseaux sociaux qui proclament sans gêne qu’il faut exterminer ou éradiquer TOUTES les religions. Seulement, le problème est que, pour y parvenir, il faudra exterminer tous les croyants car, la religion existant seulement par des êtres qui la pratiquent, la seule façon de les éradiquer une fois pour toute est d’éliminer les croyants. La solution finale ? Beau programme en vue… certains ont beaucoup d’ambition. Ils veulent éliminer les barbares en appelant à l’extermination de tous les croyants.

Je suis pourtant toujours convaincue que si notre monde accueillait l’Amour révélé par Jésus-Christ, il n’y aurait plus de barbarie sur cette terre. Nous serions tous frères et sœurs d’un même Père et nous apprendrions l’amour et la bonté, la beauté et la paix, la joie et la douceur et surtout, le pardon (donner par-delà l’offense) qui seul peut mettre fin à la spirale de violence. Notre violence, oui, la nôtre aussi, ne peut que fournir du bois au feu de la spirale de violence des violents. Appelons la Paix sur le monde. Pas n’importe quelle paix, la pseudo-paix de notre confort mais la Paix, la Paix du Christ, Vainqueur de la haine, Vainqueur de la mort. Par sa Croix, il a tué la haine. Rien de moins.

leave-facebookÇa faisait déjà un certain temps que je ruminais à l’idée de m’éloigner du monstre qui demande à être nourri continuellement. J’avais même annoncé il y a environ un mois que je fermerais mon compte suite à l’annonce de Facebook d’offrir à ses employées de faire congeler leurs ovocytes, puis, on m’a convaincu qu’il fallait rester, que c’était un outil extraordinaire d’évangélisation et que, quitter Facebook revenait à ne plus pouvoir évangéliser les pauvres âmes perdues. Pourtant, les apôtres s’en sont très bien passés. L’Église, l’humanité, a vécu sans Facebook durant plus de 2 000 ans. Jésus n’avait pas de compte Facebook et, pourtant, il a rejoint le monde entier. La Parole a parcouru toutes les époques et tous les pays. Thérèse de Lisieux n’avait pas de compte Facebook. Pire, elle est demeurée dans son Carmel durant sa courte vie consacrée. Et pourtant, elle est déclarée patronne des missions et Docteur de l’Église. Je n’aspire pas à autant. Mais de là à me passer le message culpabilisant comme quoi que, si je ne suis pas présente sur Facebook, les âmes vont se perdre… Jésus n’a pas attendu Hélène ni Facebook pour sauver des âmes.

À  vrai dire, les moyens d’évangélisation sont nombreux, à commencer dans nos propres familles, lieux de travail, dans nos milieux, dans nos paroisses (si si…), dans la rue, ailleurs sur le Web, etc. Rien ne pourra m’empêcher d’annoncer l’Amour du Christ pour mes frères. Pourquoi ? Parce que si ce n’est pas le Christ qui vit en moi, vains alors sont mes efforts et mon volontarisme/activisme. De plus, à quoi servirait d’évangéliser à force de bras si je ne peux même pas m’occuper de ma propre âme ? Sans toi, Seigneur, je ne suis plus que moi-même disait sainte Catherine de Sienne. Comme disait aussi le curé d’Ars : que dirait-on d’un homme qui laboure le champ de son voisin mais qui ne s’occupe même pas de son propre jardin (ou quelque chose comme ça) ? Facebook demande beaucoup trop de temps et il est difficile de contrôler les allées et venues car tout va vite, les messages s’accumulent, les posts demandent des réponses, etc.

La réalité est que notre monde a besoin de vraies rencontres. De présence réelle… de Présence Réelle. J’aurai beau écrire tous les posts sur Facebook, si je n’ai pas la Charité, cela ne me sert de rien… pour paraphraser saint Paul.

Que m’a donc fait Facebook alors pour que je le quitte ? Le problème n’est pas que Facebook à la base (un peu quand même) mais cette nécessité de vivre dans l’instantané, de donner une réponse, de recevoir une réponse immédiate. Cette idée de vivre dans le virtuel constamment falsifie les communications et brise même parfois des amitiés, déjà fragilisées par le fait qu’elles « ne sont que » virtuelles. Les réseaux sociaux, s’ils ont le mérite de relier les gens, ont aussi cette détestable manie de diviser. Une incompréhension mutuelle dans un fil de discussion devient un lieu d’attaque personnelle, un prétexte pour frapper l’autre dans son intégrité plutôt que de s’attaquer à ses idées. Derrière nos écrans, tout est possible puisque la personne n’existe pas, elle est virtuelle. Alors que non, derrière l’écran, il y a des vraies personnes, des personnes qui peuvent être blessées, des personnes qui peuvent se tromper, des personnes vulnérables et fragiles. La perception qu’on se fait de l’autre relève du simulacre, du virtuel voire… de l’illusion. Lorsqu’on a le très grand bonheur de rencontrer les gens que l’on côtoie sur FB en vrai, cela peut changer la perception que l’on a sur eux et c’est assez extraordinaire (mais hélas pas toujours). Dans les échanges écrits, on ne voit pas le visage, on n’entend pas le ton, on ne voit pas le sourire ou le sourcillement.  Les émoticônes ne sont pas suffisantes pour exprimer une émotion ou un état d’âme. Et puis on blesse, parfois – souvent – sans le vouloir. Les relations humaines sont difficiles dans le réel… d’autant plus dans le virtuel.

Bien sûr, tout cela n’est pas que l’apanage de Facebook mais c’est la réalité d’Internet en général. Il y a du bon comme du moins bon et il faut savoir doser. Étant une personne excessive qui se donne à fond, j’avoue avoir du mal à bien doser. Voilà pourquoi je crois bon de m’éloigner de Facebook. Ceci est le fruit d’une longue réflexion et un chemin de libération. Oui, libération. Cliquer névrotiquement sur l’icône du « f » bleu et blanc relève d’une forme de pathologie. Nous sommes tous un peu malades…moi la première.

Je ne quitte pas l’espace virtuel totalement. Vous me verrez ailleurs, par exemple, sur ce blogue ou sur le forum (http://ephata.actifforum.com) ou encore, de temps à autre, sur Twitter (que je n’aime pas trop…). Le téléphone, le courriel et la rencontre personnelle sont aussi d’excellents moyens de communication.

Je tiens à demander pardon à tous ceux et celles que j’aurais pu blesser par maladresse durant nos échanges. Je remercie également tous ceux avec qui j’ai partagé des tranches de vie, des discussions – parfois houleuses – des drôleries, des joies et des peines.

@bientôt !

Hélène

Après avoir écarté de son parti tous ceux qui ne pensent pas comme lui, c’est-à-dire ces horribles pro-vies, Justin Trudeau vient de faire la démonstration inouïe de son mépris pour la femme (sans compter pour la vie des enfants à naître… et même de la vie tout court), sous couvert de liberté de choix. À une jeune journaliste anglophone il a déclaré que l’avortement est un choix que toute femme peut faire quoi qu’en soit la raison ou la cause. Au nom de la Charte canadienne des droits et libertés de son défunt père, l’avortement, selon lui, est un droit absolu (au-dessus du droit de l’enfant à naître), même dans le cas d’un avortement sexo-sélectif (une femme pourrait l’éliminer si elle ne veut pas d’une fille). Voir ici l’entrevue accordée à Sun News cette semaine :

http://www.youtube.com/watch?v=_uUiazIU7q4

La journaliste prend la peine de reposer la question, de reformuler pour être certaine que ses questions sont claires et que les réponses sont sans ambiguïté.

Pour la simple raison qu’un enfant se trouve par malheur à être une fille, on peut le tuer. Ceci étant parfaitement légal au Canada,  Justin défend le statu quo sur cette question. Qui plus est, on peut décider de s’en débarrasser la veille de l’accouchement, c’est tout-à-fait légal, c’est le droit et la liberté de la femme qui prime. Certains diront : mais personne ne se fait réellement avorter à cause du sexe de l’enfant au Canada. Ah non ? Mais oui… certaines cultures vivant au Canada le font, c’est une réalité. Une fille n’est pas toujours la bienvenue dans certaines communautés provenant du continent asiatique. Rien non plus n’empêche qu’une canadienne ou québécoise francophone de souche, cherchant à satisfaire un idéal, puisse aussi agir de la sorte parce qu’elle voudrait un garçon (et vice versa si elle veut une fille).

Où donc sont les féministes pour se lever contre de tels abus contre les femmes en devenir que sont ces petites filles ? La Fédération des femmes du Québec pensent comme Justin. Justin a visé juste : à gauche de l’extrême, sachant que la vague orange avait eu son effet au Québec, il espère une vague rouge en 2015. Ce sont les Québécois et les Québécoises qu’il veut charmer par son discours extrême gauchiste. Le sacro-saint droit à l’avortement est un dogme intouchable et impossible à remettre en question sous peine de se faire traiter de réactionnaire d’extrême-droite, même pour une raison aussi ignoble que le choix du sexe de l’enfant. Éliminer des filles au nom de la liberté absolue des femmes. Quelle idée folle. Ces filles avortées n’auront jamais eu la chance d’exprimer leur opinion et d’exercer leur liberté. On remarque que ceux qui sont pour éliminer les autres sont plutôt bien portants…

C’est ce même Justin Trudeau qui admire les politiques de la Chine http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2013/11/08/005-justin-trudeau-declaration-chine-gouvernement-controverse.shtml, qui a fait des blagues publiquement sur la situation en Ukraine http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/201402/24/01-4741967-blague-sur-lukraine-trudeau-sous-le-feu-des-critiques.php, qui trouvait que les islamistes qui ont perpétré l’attentat de Boston faisaient pitié parce que quelque chose dans leur vie les a fait agir ainsi et qu’il ne faut pas leur en vouloir http://ici.radio-canada.ca/emissions/cest_bien_meilleur_le_matin/2010-2011/chronique.asp?idChronique=287613 … c’est ce même Justin Trudeau qui veut devenir Premier Ministre du Canada. C’est ce même Justin qui va dans une mosquée et qui se vante d’être un bon catholique. Comme disent les anglais : he doesn’t have a clue… mais pire encore, beaucoup sont prêts à voter pour lui… parce qu’il est beau gosse ! Eh oui… je l’ai entendu et lu. D’autres voteront pour lui pour se débarrasser de Stephen Harper, lui qui est critiqué pour ne pas être suffisamment ouvert. Pourtant, la porte de son parti est ouverte aux pro-choix comme aux pro-vies…

Dans quelle tyrannie de la pensée unique veut nous emmener cet homme qui refuse la liberté de conscience à ses députés ? Dieu nous préserve que cet homme soit porté au pouvoir…

Assise

Le gouvernement Marois veut présenter sa charte de la laïcité à l’automne, prétendant que c’est ce que les Québécois veulent (ils ne veulent surtout pas qu’on parle de la dette, du déficit, de l’éducation, des infrastructures délabrés, du système de santé…). Les uns diront que c’est une bonne chose les autres crieront à la perte de liberté de conscience et de religion. Les discours démagogues pullulent déjà depuis la « fuite » que le ministre Drainville a laissé couler (« tâtage » de terrain… pour mieux avancer ou reculer selon le baromètre électoral).

Voyons un peu ce qui en est réellement de cette volonté de bannir tout signe religieux « ostentatoire ». D’ailleurs, qu’entendons-nous par ostentatoire ? Le col romain, c’est ostentatoire ?

La laïcité est un concept inventé par le christianisme, voire par le Christ Lui-même : « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Nouveauté inouïe qui vient dire, ce qui appartient à la cité, à la vie sociale, au travail, ce sont les choses des Hommes (même si le chrétien, idéalement, ne sépare pas ces choses humaines de la vie de Dieu). Rendre à Dieu ce qui est à Dieu n’a jamais voulu dire : écartez Dieu de la cité et renvoyez-le dans son ciel. La laïcité consistait à la base à faire une distinction entre les clercs (les consacrés) et les hommes et les femmes vivant dans la cité, non religieux, donc laïcs.  Le principe de laïcité consiste à organiser la vie de la cité en laissant l’expression du religieux cohabiter de manière pacifique et non de l’éradiquer ou de l’interdire. L’interdire est du laïcisme et c’est une forme de fanatisme athée et intolérant. L’état n’a pas à imposer l’athéisme mais à laisser chacun vivre sa foi dans la mesure où elle ne vient pas mettre en danger la vie d’autrui ou déranger l’ordre public.

La séparation de l’Église et de l’état a été nécessaire. Si l’Église a pu se confondre avec les choses de l’état à certains moments de l’histoire, la tendance s’est surtout inversée depuis quelques décennies : l’état – dont le rôle principal est de gérer les biens temporels de la cité – se mêle maintenant de tout ce qui appartient au for intérieur du citoyen : de sa sexualité (propagande chez nos jeunes, avortement, hygiène sanitaire, etc.) à son éducation religieuse (cours d’ÉCR), à sa vie de couple (mariage, mariage pour personnes de même sexe, fécondation in vitro, etc.), à sa mort (euthanasie, suicide assisté, etc.) et, maintenant, il veut s’introduire dans sa liberté de conscience pour réprimer les personnes dans leur droit fondamental de liberté de religion – liberté garantie par les chartes et les Droits de l’Homme – sous prétexte qu’ils travaillent dans la fonction publique et que l’état doit être neutre. L’état certes. Mais les personnes en tant qu’individus libres ? Au nom de quoi ? Bien sûr, nous savons tous que c’est en raison de la peur des groupes radicaux (notamment de l’Islam politique) que le gouvernement veut balayer « at large » tous les signes religieux pour éviter d’ostraciser un seul groupe. Au mieux, c’est une option de lâches et un manque de courage. Au pire, c’est une option anticléricale maçonnique qui veut en finir une fois pour toutes avec son passé catholique honnis.

J’aurais plutôt tendance à pencher vers la seconde proposition (même si la première est aussi valable).  L’état veut refouler l’expression du religieux à la sphère privée. Nous savons toutefois que le refoulement n’a jamais conduit à la paix, au contraire, il risque de créer davantage de radicalisation, de réactions de communautarisme et de raidissement.

En tant que chrétienne catholique, je trouve dommage que l’expression du religieux – qui fait partie du patrimoine, de la culture et de l’histoire du Québec – soit mise sur le même pied d’égalité (càd aux oubliettes) que les signes religieux portés par des nouveaux arrivants. Sous prétexte que nous voulons être justes pour tout le monde, nous nous renions, nous renions notre passé, nos racines, notre culture, notre histoire, le sang des martyrs et les nombreux saints qui ont bâti cette nation pour nous créer une culture basée sur des valeurs vides de sens, technolâtriques. J’ai du mal à imaginer sur quelles valeurs communes cette charte sera basée. La langue ? Une charte et une loi existent déjà à cet effet. L’égalité homme-femme ? Elle existe déjà dans la charte des droits et liberté. Sinon quoi ? Le partage, l’amitié, la solidarité. Ça nous paraît évident. Avons-nous besoin d’une charte pour autant ?

Ce qui inquiète dans tout ce processus est le souvenir des régimes totalitaires (je sais, j’use de gros mots… mais continuez de me lire) qui voulaient éradiquer toute forme de signes religieux, notamment chrétiens. Même posséder une Bible était dangereux dans l’ancien régime bolchévique. Devrons-nous bientôt retourner aux catacombes comme aux premiers siècles de la jeune Église pour pouvoir vivre notre foi chrétienne ? Beaucoup s’en réjouiraient…

La liberté des uns s’arrête là où la liberté des autres… vous connaissez la suite. Quel est donc cet état tout-puissant qui veut dicter à ses employés ce qu’ils doivent croire ou penser ? Qu’à cela ne tienne, ils devront toujours aller plus loin encore pour empêcher la foi des uns et des autres de s’exprimer. Ils ne pourront s’arrêter à bannir les signes religieux ostentatoires. Ils ouvrent une boîte de pandore car les plus durs ne s’appliqueront pas à obéir à la charte. Qui fera la police de la charte ? Qui donnera une amende à un employé de l’état qui porte une croix au cou ? Celui-ci pourra-t-il perdre son emploi lorsqu’une collègue athée le dénoncera ?

Nous verrons bien où cela nous conduira. En tant que chrétiens, ce n’est pas une obligation de porter un signe religieux distinctif. Par ailleurs, nous sommes des esprits incarnés et nous faisons usage d’objets concrets pour nous représenter et exprimer l’Amour de Quelqu’un qui nous échappe matériellement. Ce signe traduit quelque chose de ce que nous sommes. La foi est quelque chose qui s’incarne, si ce n’est dans un signe distinctif, ce sera dans toute la personne qui se configurera au Christ qu’elle s’exprimera. Comment pourront-ils alors empêcher quiconque de « revêtir le Christ » ? On pourra toujours dépouiller le croyant de ses vêtements ou de ses signes religieux… mais on ne pourra jamais l’empêcher d’avoir la foi et de la dire par tous les pores de son être.

Il y a tant à dire sur ce sujet, on ne peut tout dire en un seul billet. Nous y reviendrons au fur et à mesure que le dossier se développera.

Voir à ce sujet l’opinion du président de la Conférence des évêques, Mgr Pierre-André Fournier : http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201308/21/01-4682034-le-bannissement-des-symboles-religieux-a-lencontre-du-patrimoine-quebecois.php

"Qui a l'épouse est l'époux ; mais l'ami de l'époux qui se tient là et qui l'entend, est ravi de joie à la voix de l'époux. Telle est ma joie, et elle est complète. Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse. (Jn 3, 29-30)Suite à la lettre d’opinion du théologien Guy Durand parue dans la presse du 10 février, j’aborde le sujet du sacerdoce revendiqué pour les femmes.

Quelqu’un disait : « Les femmes doivent avoir la possibilité de devenir prêtre si elles veulent ». Voilà une affirmation qui ignore les réalités spirituelles du sacerdoce. Il y a tant à dire mais je crains de ne pouvoir tout dire dans un seul post sur un blog ce que l’Église a mis 2000 ans à expliciter. Le problème avec cette affirmation est surtout le « si elles veulent ». Or, le sacerdoce n’est pas un droit (ni avoir un enfant d’ailleurs) mais la réponse à un appel du Christ. Il n’est ni un métier ni une profession. On ne s’autoproclame pas prêtre. On ne met pas la main non plus sur Dieu. La nature a donné à la femme la possibilité d’être co-créatrice en donnant la vie à un être humain. Elle ne l’a pas donné à l’homme. Pourquoi ? N’est-ce pas une injustice que les hommes ne puissent pas avoir ce droit de porter la vie au monde s’ils le veulent ? Ça me rappelle ce très drôle sketch des Monty Pyton : La théorie du gender expliquée par Monty Pyton . Vous me direz, oui mais, c’est la nature qui en a voulu ainsi. Dieu en a décidé ainsi. Bien sûr, on n’y peut strictement rien. Mais puisque l’humain n’est pas que biologique et qu’il possède deux autres dimensions, psychique et spirituelle, nous devons regarder les choses spirituelles comme nous le faisons pour le biologique et croire que Dieu a ses raisons pour poser certaines limites. Ce n’est ni par injustice ni par inégalité que l’homme ne porte pas la vie d’un humain en son sein ou que la femme ne peut exercer le ministère ordonné. Pour la première, c’est une réalité que nous acceptons de par la limite physique du corps humain. Pour la seconde, la difficulté vient du fait que nous refusons d’accepter les limites imposées si, physiquement, elles n’en posent pas. En effet, rien dans la nature physique de la femme ne l’empêcherait de devenir prêtre. Par ailleurs, il faut comprendre la volonté de Dieu sur l’homme et sur la femme en méditant la relation qu’Il entretient avec son Épouse, l’Humanité, l’Église, notre âme, tout au long de l’histoire du salut dans la Bible. C’est bien méconnaître la Parole de Dieu que de revendiquer le sacerdoce de la femme. Tout au long de la Bible, Dieu, se présente comme un Père, puis comme un Époux, qui appelle son enfant, sa bien-aimée, à une Communion d’Amour et non à une con-fusion dans l’identique à devenir comme Lui seul peut être Lui (si nous sommes appelés à être « divinisés » nous ne sommes pas Dieu par essence mais nous devenons semblables à Lui par grâce). La relation de Dieu (pôle masculin) avec l’humanité, l’Église, notre âme (pôle féminin), est décrite tout au long de la Bible en des termes d’une réalité spirituelle sponsale comme ceux utilisés pour la relation complémentaire homme-femme. C’est une question d’altérité. Dieu crée en séparant (voir le récit de la Genèse): les eaux d’en bas des eaux d’en haut, la lumière des ténèbres, la terre sèche des océans, la femme de l’homme. Ce sont des images pour dire que chacun a son rôle dans la création, rien n’est « égale » au sens de nivelé ou égalitariste. Mais tout a sa fonction propre et est complémentaire. Il y a des différences mais ces différences sont en vue d’une meilleure complémentarité et d’une communion d’amour car, pour qu’il y ait l’amour, il y a une exigence de deux volontés libres différentes qui se donnent l’une à l’autre afin qu’elles puissent se compléter et être comblées par l’autre dans ses « manques » et réciproquement. Être « tous pareils » comme l’entend l’idéologie du gender ne conduira qu’à la violence, à l’indifférenciation, à la mort.

Pourquoi donc alors cette différence ? Je vous cite un exemple biblique très beau concernant les noms de nos premiers parents en hébreux : Ish et Isha. Ça n’apparaît malheureusement pas dans les noms traduits en français mais, dans la langue originale, ce sont les lettres différentes des deux noms qui forment le tétragramme sacré (le nom de Dieu). C’est une image pour dire que c’est unis dans la complémentarité des différences que l’homme et la femme sont à l’image de Dieu lui-même. Ish + Ish = Dieu n’apparaît pas. Isha + Isha = Dieu n’apparaît pas. Ish + Isha = Dieu apparaît, la vie peut jaillir et l’histoire humaine peut se perpétuer. Ce ne sont pas des détails fortuits qui ne veulent rien dire. Rien n’est laissé au hasard dans la Bible. Le Seigneur a voulu ainsi apparaître dans la complémentarité homme-femme par cette image forte. Maintenant, ce sont les idéologies du gender qui véhiculent l’aplatissement et la négation des différences homme-femme. Là où je veux en venir est que l’homme et la femme sont d’égale dignité mais ils ont des différences fondamentales et des charismes différents à exercer pour la gloire de Dieu. Jalouser l’autre sexe pour ses « privilèges » est ridicule comme de jalouser le sort de l’autre l’est tout autant. À la question de Pierre lorsqu’il demande à Jésus ce qui adviendra du sort du disciple qu’Il aimait, Jésus lui répond :

En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas.  » -Il signifiait, en parlant ainsi, le genre de mort par lequel Pierre devait glorifier Dieu. Ayant dit cela, il lui dit :  » Suis-moi.  » -Se retournant, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait, celui-là même qui, durant le repas, s’était penché sur sa poitrine et avait dit :  » Seigneur, qui est-ce qui te livre ?  » -Le voyant donc, Pierre dit à Jésus :  » Seigneur, et lui ?  » -Jésus lui dit :  » Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. «  (Jean 21, 18-22)

En d’autres mots : mêle-toi de ce qui te regarde ! C’est Dieu qui décide le dessein de l’homme et de la femme selon son plan d’Amour sur chacun. Et c’est toujours à cause de l’Amour et rien d’autre puisque Dieu est Amour. Voilà pourquoi l’Église n’a pas autorisation de changer ce que Dieu a voulu lorsque Jésus a choisi des hommes pour le sacerdoce ministériel. Non ce n’est pas une question de convenance de l’époque. Il l’a fait exprès et était tout à fait libre dans cette décision. Croyez-vous sincèrement que Jésus se formalisait de choquer ses coreligionnaires ? Même Marie n’a pas été présente lorsqu’Il a institué le sacerdoce lors de la Dernière Cène. Mais cela ne lui enlève strictement rien quant à son statut particulier et la grâce que le Seigneur lui a accordée dans son corps, dans son âme et dans son esprit pour nous la donner en exemple pour notre foi en ce qui s’en vient pour chacun de nous si nous laissons le Christ nous transfigurer à son image. Son rôle dans l’Église n’est pas négligeable. Oui, nous sommes tous prêtres, prophètes et rois de par notre baptême mais le sacerdoce ministériel a été confié à l’homme afin de perpétuer dans le temps le rôle unique de l’Unique Grand Prêtre : Jésus-Christ, l’Époux de notre âme, de l’Église et de toute l’humanité, dans le but de présenter à son Père son Épouse immaculée lavée dans son Sang. Et enfin, de donner à la femme une nouvelle fonction dans son rôle de co-créatrice (entre autres rôles qu’elle peut exercer) : donner des prêtres à l’Église, par la maternité, qu’elle soit physique ou spirituelle, afin que ses fils-prêtres nous donnent le Christ-Prêtre dans les Sacrements.

Au souper, notre ado nous parlait tout bonnement de son cours de science d’aujourd’hui. Elle nous disait, entre autres, qu’ils avaient parlé de l’électricité. Elle nous disait que lorsqu’une charge positive et une charge négative (donc différentes voire opposées) se rencontrent, elles s’attirent et créent l’électricité mais que si une charge négative et une charge négative se rencontrent (ou positive et positive), elles se repoussent. Même si simpliste comme image, ça m’a paru évident pour la nature de l’homme et de la femme… le respect des différences, de l’altérité est la seule voie pour que la vie, comme le courant, circule. Personnellement, je tiens à être femme pleinement. Et je tiens à ce que mon époux soit homme, pleinement. De cette manière, nous nous complétons.

Deux lectures suggérées sur ce sujet :
Arrow Georgette Blaquière, « La grâce d’être femme » http://www.amazon.ca/gr%C3%A2ce-d%C3%AAtre-femme-Georgette-Blaqui%C3%A8re/dp/2850492167

Arrow Jo Croissant « La femme sacerdotale ou le sacerdoce du cœur » http://www.amazon.fr/femme-sacerdotale-sacerdoce-coeur/dp/2905480793

Quelle ne fût pas ma non-surprise en lisant la lettre de ce “théologien” dans la CyberPresse de vendredi le 10 février: http://www.cyberpresse.ca/debats/opinions/201202/10/01-4494681-oui-au-mariage-des-pretres-et-au-sacerdoce-des-femmes.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B9_debats_1242600_accueil_POS1

Chaque fois que le sujet de la pédophilie fait les manchettes, la question du célibat des prêtres est revendiquée… généralement par ceux qui sont hors de l’Église ou, pire encore, par ceux qui sont déterminés à la réformer de l’intérieur, j’ai nommé, ceux qui prétendent savoir – par exemple des théologiens – ce qu’elle devrait faire ou ne pas faire. Généralement, ces gens ne sont que catholiques de revendication parce que toutes leurs doctrines, leur idée de « moderniser » l’Église pour la rendre conforme aux idéologies mondaines (et qui passeront comme toutes les idéologies de l’histoire), reposent sur un protestantisme inavoué.

Pourtant, la question – qui n’est pas d’ordre doctrinale mais disciplinaire – est clairement explicitée en long et en large dans les textes du Magistère : son histoire (la vraie, pas celle inventée par les idéologues), les raisons théologiques et disciplinaires. Mais le théologien Guy Durand a-t-il jamais pris la peine de les lire et essayé de les comprendre ? Visiblement non. Et on peut se prétendre théologien ? L’Église prend pourtant la peine d’expliciter, de rendre son enseignement accessible à travers les nouvelles technologies afin que personne ne puisse dire que les enseignements sont réservés aux élites. J’en veux pour preuve, ce site http://www.aleteia.org/fr/questions/1091/pourquoi-les-pretres-ne-peuvent-ils-pas-se-marier élaboré pour répondre aux questions de notre temps. Seulement, sont-ils intéressés à sortir de leurs ornières et de leur nombril pour essayer de recevoir l’enseignement plutôt que de mettre la main sur la doctrine pour la tordre selon leurs vues ?

Dans le cas qui nous occupe, non seulement la question du célibat des prêtres revient mais – dans la même logique – celle de l’ordination des femmes à la prêtrise. Au nom de la très louable équité homme-femme (ou plutôt, sa caricature, l’égalitarisme qui refuse la complémentarité dans les différences), Monsieur Durand fait la promotion de la femme-prêtre en même temps qu’il l’a prend pour une cruche à remplir afin de servir d’exutoire à monsieur ! Bravo ! Pour la tentative de projeter une image équitable de la femme, c’est complètement raté cher monsieur.

Pourquoi ? Parce que le raisonnement de M. Durand revient à dire : célibat « forcé » (selon ses vues personnelles) = déviance voire perversion sexuelle parce que la femme servirait de défouloir à monsieur. La femme servirait donc d’exutoire pour éviter que monsieur ne devienne déviant et s’en prenne aux enfants dans son besoin frustré. C’est assez aberrant comme image que l’on projette de la femme. Pour tout vous dire M. Durand, je refuse d’être “une cruche à remplir” pour soulager le trop plein d’un homme. L’étreinte sexuelle entre l’homme et la femme n’est pas un défouloir mais un don réciproque. Prendre la femme pour un vase soulageant, là on parle de déviance sexuelle et de distorsion morale grave et c’est ce que ce monsieur suggère par ses propos. La plupart des pédophiles sont des pères de famille. Il faut arrêter de faire l’amalgame : célibat = déviance ou encore, de faire de la femme un pis aller pour se décharger. Ça n’a rien à voir. Un homme ne devient pas pédophile parce qu’il devient prêtre. Un pédophile devient prêtre parce qu’il aura accès à des proies faciles et peut sévir longtemps avant d’être l’objet d’un soupçon. Les déviants sont déviants non parce qu’ils s’abstiennent de relations sexuelles saines mais parce qu’ils sont aux prises avec une perversion sexuelle qui est considérée comme un trouble mental selon le DSM IV. Par ailleurs, les actes sont punissables par la loi car les individus savent très bien ce qu’ils font, ils sont très manipulateurs, astucieux et leurs actes sont souvent prémédités. Ils ne peuvent donc pas s’exonérer de leur responsabilité face à la loi en plaidant une quelconque maladie mentale au sens médical du terme même si dans le langage courant on dit qu’ils sont « malades ».

On me répondra que M. Durand ne croit pas vraiment que le célibat soit la cause de la pédophilie dans l’Église. Bien sûr, il dit bien :

« Ainsi faut-il revoir la question du mariage des prêtres. Il n’est pas certain que cela règle la question de la pédophilie. Les statistiques montrent qu’il y a beaucoup d’hommes mariés qui pratiquent la pédophilie, notamment des animateurs de jeunes dans les sports. Il y a des pédophiles chez les pasteurs protestants mariés et parmi les responsables des autres religions.  Les pédophiles sont souvent des personnes dont la personnalité est fragile et la sexualité mal intégrée ».

Mais l’auteur de la lettre de rajouter :

« Mais cela en diminuera sûrement le nombre ».

Ce qui vient, à mon sens, invalider son semblant de bonne foi dans la citation précédente comme quoi il ne relierait pas le célibat forcé à la pédophilie. En ajoutant cette petite phrase, l’auteur trahit sa pensée : la femme, pour lui, sert d’exutoire dans une certaine mesure, puisqu’elle servira à diminuer le nombre de pédophile dans l’Église. Monsieur Durand trahit son ignorance des sujets qu’il aborde. Surtout parce que le pédophile a généralement une répugnance voire une peur pour le corps adulte. Il méconnait le concept d’altérité et est généralement considéré comme étant fixé dans un narcissisme primaire, se « cherchant » dans l’enfant qu’il agresse dans une logique fusionnelle avec sa victime, niant la loi du père (la justice) et allant jusqu’à banaliser ses actes.

On nous réplique souvent : mais le célibat “forcé” n’est pas naturel. Eh bien non… le célibat consacré est surnaturel. Il procède d’un appel particulier du Christ pour son Église. L’Église institutionnelle, si elle est composée d’hommes (et de femmes) en chair et en os, n’est que la face visible d’une autre réalité, celle-ci spirituelle et eschatologique. Elle appelle à laisser de côté un regard horizontale pour porter un regard vertical comme le dit si bien ce jeune prêtre, nouvellement ordonné. Je connais des prêtres, jeunes et vieux, qui sont heureux dans leur célibat consacré. Ils ne sont pas frustrés mais ils sont comblés d’une autre manière, se faisant tout à tous et recevant de Dieu un Amour qui les comble. C’est un choix, c’est leur choix… libre.  Au terme des 7 ou 8 ans de discernement durant leur formation spirituelle, théologique, philosophique, psychologique, humaine au séminaire, ils savent très bien dans quoi ils s’embarquent. Personne ne les force.

Quelques chiffres de comparaison :

J’inviterais M. Durand à étudier les données concernant les agressions sexuelles au Québec : http://www.servicevie.com/vie-sexuelle/abus-deviances-et-dependances/70-des-agressions-sexuelles-se-produisent-dans-les-residences-privees/a/1886.  Il apprendra que 70 % des abus sexuels sur mineurs se produisent dans le foyer familial (père, beau-père, frère, etc.) puis, par des connaissances proches (70 % à 90 %) abusant d’une fonction autoritaire : psy, animateur, enseignant, entraineur, pasteur, etc. Voici encore quelques données : http://www.servicevie.com/vie-sexuelle/abus-deviances-et-dependances/70-des-agressions-sexuelles-se-produisent-dans-les-residences-privees/a/1886/2 . Tous ces cas ne font pas les manchettes… il existe un tabou médiatique, une loi du silence là aussi. De temps à autres, les médias relateront un fait mais pas souvent, comparativement au traitement réservé à la pédophilie (on devrait plutôt parler d’éphébophilie pour la plupart des cas, càd attirance pour les adolescents) dans l’Église.

Notons que le tourisme sexuel, selon l’UNICEF, fait environ 2 millions de victimes annuellement parmi les mineurs (principalement dans les pays pauvres d’Asie). Les gens qui s’adonnent à ces actes sont généralement des hommes d’affaires, en moyens financiers, des pères de famille, des hommes « respectables »… mais les structures gouvernementales ferment les yeux  sur cette forme d’abus qui grandit en toute impunité.

Le mutisme dans le système national éducatif Français : http://www.liberation.fr/societe/0101364483-ecole-le-tableau-noir-de-la-pedophilie
(étonnant quand même pour un journal qui faisait l’apologie de la pédophilie dans les années ’70-’80 ! http://www.bafweb.com/2005/11/25/qui-a-vraiment-besoin-de-liberation/ )

Je termine par un passage tiré d’un article de la revue Causeur :
Philip Jenkins, qui est le spécialiste américain du sujet (et qui n’est pas catholique) après avoir enquêté pendant 20 ans sur le lien possible entre pédophilie et célibat consacré, arrive au chiffre précis pour le diocèse de Chicago d’1,8 % de prêtres coupables de faute sur mineur, dont un seul sur 2200 était véritablement pédophile. Il y ajoutait cette déclaration déterminante : « Mes travaux sur des cas au cours des 20 dernières années n’indiquent aucune preuve quelle qu’elle soit que les catholiques ou les autres clercs célibataires soient plus susceptibles d’être impliqués dans l’inconduite ou de mauvais traitements que les ministres de toute autre confession – ou même, que les non-clercs. »

On pourra en outre consulter une étude britannique, qui rapporte que sur 60 cas d’abus par des ministres du culte, toutes confessions confondues, 25 sont le fait de prêtres catholiques, 35 de protestants et d’anglicans (mariés) ; que selon les chiffres du Guardian, la proportion de pédophiles dans l’Eglise est rigoureusement la même que dans les autres milieux ; que, toujours selon Jenkins, cité par le journaliste italien Massimo Introvigne, « si l’on compare l’Eglise catholique des Etats-Unis aux différentes “dénominations” protestantes, on découvre que la présence de pédophiles est – selon les dénominations – de deux à dix fois plus élevée parmi les membres du clergé protestant que chez les prêtres catholiques. » ; et enfin, toujours d’après Introvigne, que « dans le même temps où une centaine de prêtres américains étaient condamnés pour abus sexuel sur des enfants, le nombre de professeurs d’éducation physique et d’entraîneurs d’équipes sportives – eux aussi en grande majorité mariés – reconnus coupables du même crime par les tribunaux américains avoisinait les 6000. » (Jacques Le Guillebon, Journaliste et essayiste, « L’Église à l’index ? La pédophilie est un crime, pas le catholicisme », Causeur.fr : http://www.causeur.fr/leglise-a-lindex,6064 )

Pour un juste regard face au lynchage médiatique :

Pour le reste des propos de M. Durand concernant la femme-prêtre, nous y reviendrons ultérieurement dans un autre article…